A Vichy, la rue de Vingré évoque par son nom un évènement tragique - Au revoir là-haut, les derniers mots des fusillés de l'Aisne - Claude Lafloque ne sera plus un illustre inconnu - Fusillés-Réhabilitation, le sujet est esquivé, 8 novembre 2013 - Hommage aux fusillés de Vingré après la cérémonie du 14 juillet 2016 à Vichy - Hommage à Claudius Lafloque, le sauveur des fusillés de Vingré - Hommage : le caporal Henri Floch attend toujours sa rue -

 

A Vichy, la rue de Vingré évoque par son nom un évènement tragique

Publié le 12 juillet 2016 dans La Montagne

Paul Péronnet et Jean Forestier auront le sentiment du devoir accompli, jeudi. À l'issue de la cérémonie du 14 juillet, une plaque sera dévoilée dans la rue de Vingré, à Vichy, en hommage aux trois Bourbonnais Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, ainsi qu'à leurs trois autres camarades de tranchée, fusillés le 4 décembre 1914 dans la commune picarde.

Les Vichyssois – membres du Souvenir français et anciens présidents du comité de quartier République-Lac d'Allier – souhaitaient « donner une signification au nom de cette rue » depuis des années, afin que « les habitants, les passants et les touristes sachent ». Une bonne fois pour toutes.

« Une exécution
pour l'exemple »

« Nous avons évoqué le sujet en comité de quartier. Vingré ne disait rien aux habitants, y compris aux vieux Vichyssois, explique Jean Forestier. Certains pensaient que Vingré était un artiste, un bienfaiteur ou un lieu comme Constantine ! »

 
Ces échanges renforcent un sentiment commun : un manque reste à combler. L'idée a « du mal à déboucher », mais la pose d'une plaque en mémoire de Claude Lafloque dans la rue du Maréchal-Lyautey, en janvier dernier, semble raviver la flamme.

« Lafloque faisait partie de leur unité, rappelle Paul Péronnet. Vichy a été le moteur de la réhabilitation des six soldats. » De retour à la vie civile, l'employé de la Société générale entame des démarches et obtient gain de cause en Cassation, en 1921, comme le raconte Denis Rolland dans son ouvrage Les Fusillés de Vingré, le serment de Claude Lafloque. « Les soldats avaient exécuté un ordre de repli, mais cet acte a été interprété commun abandon de poste, souligne Paul Péronnet. C'était une exécution pour l'exemple. Perdre une tranchée était considéré comme une catastrophe nationale. »

À Vichy, la rue de Vingré sortira de l'anonymat un 14 juillet. « Des descendants vont faire leur possible pour venir… »

Estelle Dissay
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Au revoir là-haut, les derniers mots des fusillés de l'Aisne

"Au revoir là-haut", un film mais aussi les derniers mots des fusillés de l'Aisne

Publié le 23/10/2017 par N. Totet

Courrier picard

Le prix Goncourt de Pierre Lemaître, devenu un film d’Albert Dupontel, sort ce mercredi. Il a pour titre les derniers mots d'un fusillé de Vingré, dans l’Aisne, en 1914.

Dans le village de Vingré, les photographies et les dernières lettres des six fusillés figurent sur les murs en pierre blanche.

Au revoir là-haut, c’était au départ un livre couronné par le prix Goncourt (2013). Ce fut ensuite une bande dessinée. C’est désormais le film événement d’Albert Dupontel, librement adapté du livre du romancier Pierre Lemaître, qui sort ce mercredi 25 octobre.

L’histoire concerne l’immédiat après-guerre 14-18, ses souffrances, ses gueules cassées et une arnaque aux monuments aux morts. Le film est « une fresque tout public avec une mise en scène virtuose », selon le Journal du dimanche. Et la distribution est pour le moins prometteuse avec, outre Albert Dupontel, Nahuel Perez Biscayart, Laurent Lafitte et Niels Arestrup. Si l’histoire du film (comme du livre) n’y fait pas référence, le titre Au revoir là-haut est la reprise des derniers mots d’un fusillé de Vingré (Aisne), au sud de Soissons, le 4 décembre 1914. À quelques heures de son exécution, Jean Blanchard, l’un des fusillés écrivant à son épouse, couche ainsi ces mots sur une feuille de papier humide: « Je ne crois pas avoir mérité ce châtiment, pas plus que mes malheureux camarades… Au revoir là-haut ma chère épouse ». Le livre et le film évoquent la Grande boucherie et les désillusions de ses survivants. Et le titre unique de cette double œuvre littéraire et cinématographique est l’occasion de se souvenir en particulier des six fusillés de Vingré, réhabilités en 1921, ce qui leur a fait une « bien belle jambe » à ces malheureux. Lire Au revoir là-haut est émouvant. Voir le film sera certainement très touchant. Mais s’arrêter à Vingré et lire les lettres des poilus sur les murs de pierre blanche des maisons, est terriblement poignant. Même plus de cent ans après que les soldats Blanchard, Durantet, Floch, Gay, Pettelet et Quinault soient partis là-haut.

 

Claude Lafloque ne sera plus un illustre inconnu

Publié le 31 janvier 2016 dans La Montagne

Journée d'hommage à Claude Lafloque devant la maison familiale, rue du Maréchal Lyautey, et conférences à l'Aletti Palace. - Cleo Chabrou

Une plaque en mémoire de Claude Lafloque a été dévoilée à Vichy, hier, à l’occasion d’une journée d’hommage organisée par l’Académie du Vernet.

Claude Lafloque est beaucoup plus qu'un simple employé de banque pour le jeune Ulysse âgé de douze ans : « Un héros ». L'arrière arrière-petits-fils du « sauveur » des martyrs de Vingré a dévoilé, hier, une plaque sur la maison familiale des Lafloque rue du Maréchal-Lyautey.
 

Elle rappellera aux passants le combat de ce poilu pour obtenir, après la Grande Guerre, la réhabilitation de six camarades de tranchée accusés « d'abandon de poste en présence de l'ennemi » et fusillés le 4 décembre 1914, près de Soissons. Trois Bourbonnais, deux Foréziens et un Normand sacrifiés.

 

« S'il voit de là-haut ce que nous faisons là, je pense qu'il n'en tire aucune gloire »

« Ses camarades sont exécutés sous ses yeux, rappelle Denis Rolland auteur du livre Les fusillés de Vingré, Le Serment de Claude Lafloque. Il avait un sentiment de culpabilité. Pour réhabiliter ses camarades, il agit seul dans un premier temps ».

Avec l'aide d'un avocat, Claude Lafloque obtient gain de cause en Cassation en 1921. « C'est un type intéressant parce qu'il ne s'est pas mis en avant. » Une discrétion et une détermination également saluée par le député, Gérard Charasse, et l'Académie du Vernet, organisatrice de la journée d'hommage émaillée de conférences et d'une exposition à l'Aletti Palace. « Claude Lafloque était, comme on le dit chez nous, un "faiseux", pas un "diseux", a expliqué Jean-Pierre Petit, le président de l'Académie. Cette manifestation résulte du constat que la mémoire de Claude Lafloque n'était pas honorée dans sa propre ville ».

La petite-fille de l'employé de la Société générale avait fait le déplacement depuis Chamalières, avec une arrière-petite-nièce. « S'il voit de là-haut ce que nous faisons là, je pense qu'il n'en tire aucune gloire, confiait Marie-Claude Vizier. Mon grand-père était simple. Il n'aimait pas les honneurs. Jamais, il n'a parlé de cela ».

« Lafloque a redonné à ma famille son honneur »

Des proches de deux soldats fusillés à Vingré étaient présents devant la maison. Gérard Cotes, petits-fils de la veuve de Jean Blanchard, et Jean-Claude, le petit-fils de Claude Pettelet.

« Ma grand-mère avait été rejetée par la population de son village, témoignait ce dernier. Elle était la femme d'un traître, d'un lâche. Lafloque a redonné à ma famille son honneur ».

« De nombreuses associations espèrent d'autres réhabilitations, a souligné Georges Merle, le président de la section du Puy-de-Dôme des Anciens combattants prisonniers de guerre - Combattants d'Algérie, Tunisie et Maroc. Il n'est jamais trop tard pour rétablir la justice. »

Estelle Dissay

 

Fusillés-Réhabilitation, le sujet est esquivé, 8 novembre 2013

La réhabilitation des fusillés pour l'exemple?

François Hollande esquive le sujet : réaction dans l'Aisne
 
Dans son discours solennel qui a lancé hier jeudi 7 novembre 2013

la commémoration du centenaire de la Guerre 14/18,

le chef de l'Etat ne s'est pas prononcé sur la réhabilitation juridique

des soldats français qui avaient refusé d'aller au combat,

abandonné leur poste ou qui s'étaient mutinés et furent fusillés.

FR3 Picardie,par Halima Najibi, publié le 08/11/2013

On recense pas moins de 750 soldat exécutés. Selon un l'historien Frédéric Mathieu 54 d'entre eux ont été fusillés dans l'Aisne et 7 sont nés dans l'Aisne ou  y étaient domiciliés. La réhabilitation de ces hommes dans la mémoire nationale est le dossier brûlant de ce centenaire. En effet tous ceux qui militent pour une réhabilitation collective attendent du président de la République un geste pour honorer le souvenir de ces soldats qui selon eux n'étaient pas des lâches mais simplement pour la majorité d'entre eux des hommes épuisés par un conflit et qui se sont rebellés contre le carnage de 14/18.
 

Les réactions dans l'Aisne fusillés pour l'exemple
Un reportage de Eric Henry, Rémi Vivenot et Dominque Choisy; avec : Noêl Genteur Maire (DVG) de Craonne; Jean-Luc Lanouih Vice-président (Front de gauche) du conseil général de l'Aisne; Jean-Luc Pamart Président de l'association soissonnais 14-18

Parmi les soldats morts sur les poteaux d'exécution, "les fusillés pour l'exemple" sont un peu plus de 600 dans l'armée française. Tous ont été exécutés pour désertion ou mutinerie. Une poignée d'historiens se posent la question de leur réhabilitation, sont ils vraiment morts pour la France ? leur mémoire doit elle être honorée ? Voici des avis divergent dans ce grand format spécial 11 novembre 2012. Un débat et une polémique relancés par le discours de Lionel Jospin, alors premier ministre en 1998 au Chemin des Dames.

Extrait du Grand Format du 10 novembre 2012
Les fusillés pour l'exemple de la Grande Guerre
un magazine de Eric Henry, Jean-Louis Croci, Serge Guillemin, Nicomas Duchet, avec : Audoin Rouzeau Stéphane, président du centre de recherche de l'Historial de Péronne; Nicolas Offenstadt, historien Université de Paris I; Emmanuel Saint-Fuscien Historien EHSS; André Bach général auteur de "Fusillés pour l'ex emple"; Denis Rolland auteur de "La grève des tranchées"

Le centenaire de la Grande Guerre approche. Et l'on reparle des "fusillés pour l'exemple. Un rapport a été remis au mois d'octobre dernier au ministre des Anciens Combattants, Kader Arif. Il  veut réintégrer ces hommes dans la mémoire collective. Il y a eu 650 fusillés. Faut-ils les réhabiliter en bloc ? Les historiens ont du mal à se mettre d'accord. Trente pages pour tenter de mettre fin à la polémique des fusillés de la Grande Guerre. Un sujet tabou, occulté par l'Etat Français jusqu'en 1998, année où le premier ministre Lionel Jospin aborde la question au cours d'une visite sur le Chemin des Dames.
C'est une commission d'historiens qui a rédigé ce rapport. Ecrit en moins de 4 mois, il fait la synthèse d'opinions très contrastées sans jamais prendre parti. Selon Denis Rolland : "le mérite de ce rapport est de poser le problème de façon claire. Les fusillés de la Grande guerre ne sont pas forcément des fusillés pour l'exemple, il y a des droits communs". Le rapport dit clairement que ce n'est pas aux historiens de dire ce qu'il faut faire, ils ne peuvent que donner des indications. Il propose quatre pistes de réflexions : ne rien faire, réhabiliter collectivement ou au cas par cas. La quatrième piste préconise une déclaration solennelle au plus haut niveau de l'Etat.Hervé François. Mais François Hollande a éluder la question lors de son discours solennel sur le lancement du centenaire de la guerre 14/18.


Un reportage diffusé le 1er octobre 2013
La réhabilitation des fusillés pour l'exemple
Un reportage de Jean-Paul Delance, Gérard Payen, Rémi Vivenot, Julien Guéry et Mathieu Maillet; avec : Denis Rolland, auteur de la "grève des tranchées" François Hervé; directeur de l'Historial de Péronne

 

Regarder la vidéo

 


Hommage aux fusillés de Vingré après la cérémonie du 14 juillet 2016 à Vichy

Publié le 15 juillet 2016 dans La Montagne

Une plaque en mémoire de trois soldats bourbonnais fusillés dans l’Aisne en 1914 a été dévoilée, hier matin, dans la rue de Vingré, après la cérémonie du 14 juillet.
Claude Pettelet de La Guillermie, Jean Quinault de Saint-Victor, et Pierre Gay de Treteau furent fusillés à Vingré en décembre 1914 pour « abandon de poste en présence de l'ennemi » alors qu'ils avaient exécuté un « ordre de repli ».

 
Le jugement du conseil de guerre qui les avait condamnés a été cassé par la cour de Cassation en 1921, grâce à l'action du Vichyssois Claude Lafloque leur camarade de tranchée, et c'est en présence de descendants de ces soldats – petit-fils, petite-nièce et petit-neveu – qu'une plaque a été dévoilée, hier matin, par le Souvenir français, dans la rue portant le nom de la commune picarde. Elle rappellera aux habitants et passants la signification du mot Vingré et le drame auquel il fait référence.

Estelle Dissay

 

Hommage à Claudius Lafloque, le sauveur des fusillés de Vingré

Publié le vendredi 29 janvier 2016 dans La Montagne

Le Vichyssois au sein du 298è R.I., photographié après les événements de Vingré. - collection privée/extrait de Les fusillés de Vingré, le serment de claudius Lafloque, Denis Rolland, 2014,87 pages (en vente sur le site de l'association Soissonnais 14-18, EN CLIQUANT ICI)


Camarade de tranchée des fusillés martyrs de Vingré, en 1914, le Vichyssois Claudius Lafloque avait œuvré, après-guerre, pour leur réhabilitation. Un héros très discret, réhabilité à son tour avec une plaque qui sera posée sur sa maison.


A Vichy, il y a déjà une rue de Vingré. Egalement une rue Lafloque, entre la rue du Maréchal-Lyautey et le boulevard de la Salle, mais qui ne doit pas son nom à Claudius Lafloque (1879-1954).

«Il devait se reprocher de n'avoir rien fait sur le moment»

C'est à sa proximité que, samedi, l'association culturelle L'Académie du Vernet organise une journée d'hommage à Claude (ou Claudius) Lafloque, « en souvenir de son combat en faveur de la réhabilitation de ses camarades de tranchée : les six martyrs de Vingré ».

Le Vichyssois, employé de banque à la Société Générale et président des anciens combattants, a milité avec ardeur pour la réhabilitation des dix fusillés. Arrivant à ses fins en 1921. Victoire obtenue, Claudius Lafloque n'en a jamais tiré la moindre gloire. « J'ai l'impression qu'il se sentait lui aussi coupable de cette exécution, il devait se reprocher de n'avoir rien fait sur le moment », explique Denis Rolland, auteur de Le Serment de Claudius Lafloque , qui sera présent samedi à Vichy.

Soutenue par le député PRG Gérard Charasse, la manifestation dévoilera une plaque d'honneur sur la maison où il vécut, au numéro 5 de la rue du Maréchal-Lyautey.

Projection puis conférences

A 15 heures, à l'Aletti Palace, projection du film Vingré et exposition de documents et témoignages d'époque, issus de la collection de Joël Talon (association Loisirs animations culture de moulins et environs), qui a réalisé un travail de recherches important sur le sujet. Il y aura ensuite des conférences (entrée 10 €), avec la participation de : Denis Rolland (auteur de Le Serment de Claudius Lafloque) ; Jean-Luc Pamart (président de Soissonnais 14-18, auteur spécialisé sur la Première Guerre mondiale) ; le colonel Rémy Porte, historien militaire en activité.

Une petite fille de Claudius Lafloque ainsi qu'un descendant d'un fusillé de Vingré seront présents.


 

 

Hommage : le caporal Henri Floch attend toujours sa rue

Le Réveil

Publié par Raphaël Hudry le 27 janvier 2016

Deux associations demandent que le soldat né à Breteuil-sur-Iton et fusillé pour l'exemple par l'armée française ait une rue à son nom. Pour l'instant, c'est au point mort.

Un combat qui dure depuis presque 4 ans. Le 11 novembre 2012, les associations Libre Pensée et la Ligue des droits de l’Homme prononçaient un discours au monument aux Morts de Breteuil-sur-Iton, lors de la cérémonie de l’Armistice. Elles avaient un but très précis, « qu’un vrai travail de vérité et de reconnaissance soit entrepris » concernant les 639 soldats français fusillés injustement pour l’exemple par leur propre armée durant la Première guerre Mondiale.

Pris au piège

Voulant affirmer son autorité et éviter les désertions, l’Etat Major avait instauré des Conseils de guerre spéciaux dès septembre 1914. Leur but, conserver l’obéissance des soldats. « Ce sont des individus pris au piège par le système militaire, explique Jean Jayer, secrétaire de la Libre Pensée. Il n’y avait pas de repli possible, sinon ils étaient jugés rapidement et fusillés le lendemain. »

L’un d’eux est un Bretolien, le caporal Henri Floch, nommé greffier de la justice de paix de la commune en 1911 et qui faisait partie du 298e régiment d’infanterie. Le 27 novembre 1914, surpris, avec d’autres soldats français, par une attaque allemande, il fut fait prisonnier.

« J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands, raconte-t-il dans une dernière lettre écrite à sa femme. J’ai suivi mes camarades et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi. [...] Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. »

Il fut en effet fusillé le 4 décembre 1914 avec 6 autres de ses camarades qui s’étaient repliés face au danger.

La lutte des différentes associations avait déjà permis d’obtenir sa réhabilitation le 4 octobre 1921, ainsi que de 50 autres fusillés pour l’exemple. Dès l’année suivante, la dépouille fut remise à sa famille et enterrée dans le cimetière de Breteuil. Son nom a également été ajouté au Monument aux Morts.

La Libre Pensée et la Ligue des droits de l’Homme demandent désormais qu’une rue ou un moment de Breteuil-sur-Iton porte le nom de cette victime des balles françaises. Après la cérémonie de 2012, elles ont renouvelé cette requête le 11 novembre 2015. « Nous n’avons pas eu de réponse de la part de la mairie de Breteuil », regrette Jean Jayer de la Libre Pensée.

Plusieurs demandes

La municipalité ne serait pas contre. Cependant :

« Nous avons plusieurs autres demandes, mais il n’y a pas de nouvelle rue à baptiser, détaille Gérard Chéron, maire de Breteuil. C’est difficile de débaptiser une rue, et cela coûte cher, notamment pour les habitants qui doivent changer leur adresse ».

Une autre piste serait de poser une plaque dans la rue au Loup, derrière la mairie de Breteuil, là où vécut le caporal Floch. Cette reconnaissance rendrait justice à la famille du soldat. Sa femme fut, par exemple, durement touchée : après l’accusation de lâcheté de son mari autrefois estimé, des commerçants refusent de la servir, et elle ne reçoit pas la pension de veuve de guerre. La situation durera 7 ans.

Selon le frère du défunt caporal, cité par Michel Joly, président de Libre Pensée, lors de son intervention à Breteuil en 2012, « nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Une situation commune pour les 639 fusillés. « Des familles traînent encore cette mauvaise réputation », souligne Jean Jayer.

NB: article en extract ("Retrouver la famille" figurait dans l'article original)

Martine (Paul-Henry Floch est son grand-oncle) et Patrick DAVID  venus spécialement de Thiers et présents au château de Vic-sur-Aisne lors de la cérémonie du Centenaire le 6 décembre 2014, ici avec Jean-Luc Pamart.

La tombe est maintenant entretenue.

La voici en situation en 1997:

Cette plaque (ôtée lors de la restauration de la tombe et gardée par la famille) est entrée dans les collections de l'association Soissonnais14-18 suite au don de Madame Oury en octobre 2016 au moment des cérémonies de Breteuil-sur-Iton.

Cf l'article Le Réveil du 06/11/2012:

Breteuil-sur-Iton. L'hommage au caporal Floch, fusillé en 1914

ici photo 2012

Le caporal Floch, Poilu de la Grande Guerre

La Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée de l’Eure rendront hommage ce dimanche 11 Novembre au Caporal Henry Floch, un Bretolien fusillé pour l’exemple le 4 décembre 1914 et réhabilité en 1921 (RN du 07/11/12).

 

REACTIONS :

par Raphael_Hudry le 11/10/2016 @ 20:34
Isabelle Clou-Menessart, webmaster du site de l'association Soissonnais 14-18, m'a contacté il y a quelques jours pour que je donne mon avis sur le rôle que j'ai pu jouer dans le « dossier » consacré au caporal Paul Henri Floch, soldat originaire de Breteuil-sur-Iton fusillé pour l'exemple en décembre 1914. 
Etant peu habitué à ce genre d'exercices, je vais juste répéter le début de mon deuxième article sur le caporal Floch, à savoir que, finalement, « la presse locale peut encore faire bouger les choses ».   Je suis ainsi ravi de constater qu'un article que j'ai écrit a pu avoir un écho et mettre en relation deux groupes qui se cherchaient depuis des années.
Les descendants du soldat bretolien d'une part, et les associations demandant qu'une véritable reconnaissance soit faite dans sa commune d'origine. Indirectement, mon article a donc peut-être accéléré la procédure pour installer une plaque dédiée au caporal Floch, qui sera inaugurée le 13 octobre.
Il n'y a rien de plus gratifiant que quelqu'un qui vous félicite pour votre travail et vous remercie pour avoir contribué, d'une manière ou d'une autre, à faire avancer sa cause, son combat. Je ne recherche pas ces remerciements lorsque je rédige un article, mais il faut avouer que, quand il y en a, cela me fait évidemment plaisir.   Surtout que, dans ce cas précis, c'est important pour la mémoire locale que l'on qualifie souvent de « petite Histoire ». Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas de « petite Histoire » mais de petites histoires qui font partie de l'Histoire. Et, après tout, l'actualité d'aujourd'hui n'est-elle pas l'Histoire de demain ? 
Raphaël Hudry  Journaliste pour Le Réveil Normand

 

par Webmastrice le 09/10/2016 @ 10:20
Février 2016: cet article a suscité des commentaires à Soissonnais 14-18
"Mais nous connaissons la famille!"
Action
"Vite, contactons ce journaliste, Raphaël Hudry et sa rédaction, pour transmettre l'information!"
Réaction
Une belle chaîne depuis la mise en relation par le Réveil Normand des associations locales et de la famille, notamment grâce à l'action de Jean Jayer
En effet le 13 octobre 2016 la cérémonie officielle honorera à Breteuil-sur-Iton la mémoire du fusillé Paul-Henri Floch en présence de ses descendants.
http://soissonnais14-18.net/articles.php?lng=fr&pg=2494&mnu_modecol=W

 

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